|
 |
 |
 |
La crise politique n'a pas perturbé l'économie brésilienne
12 Juillet 2005
Source: inconnue
La démission du bras droit de Lula, le ministre José Dirceu à la mi-juin et le grand chambardement à la direction du Parti des travailleurs (PT) la semaine dernière n'a pas fait dévier l'économie brésilienne de son cours favorable.
Au contraire, pour la première fois depuis deux ans, le Brésil a enregistré une légère déflation en juin et les marchés réduisent depuis huit semaines les prévisions d'inflation sur l'année, actuellement établies à 5,7% sur l'année.
Parmi les raisons qui expliquent la sérénité de l'économie face à la crise, les analystes s'accordent à mettre en avant la politique de mise en ordre de comptes externes favorisée par un boom sans précédent des exportations et la rigueur fiscale exercée par le gouvernement Lula depuis son investiture début 2003. "La crise politique n'affectera pas la croissance de l'économie en 2005 car le Brésil a obtenu des excédents commerciaux annuels successifs, ce qui a réduit sa vulnérabilité d'il y a trois ans, et en raison de la politique de responsabilité fiscale suivie jusqu'à présent", a dit à l'AFP Julio Gomes de Almeida, directeur de l'Institut d'Etudes pour le développement industriel.
L'économiste souligne aussi la période favorable que connaît actuellement l'économie internationale. Cela facilite la croissance des exportations brésiliennes ainsi que l'entrée de dollars dans un pays offrant des taux d'intérêt parmi les plus élevés du monde, le taux de base de la Banque central étant actuellement fixé à 19,75%.
Selon Rogerio Schmitt, analyste politique du consultant Tendencias, la tourmente politique n'a pas atteint l'économie parce que "la perception des agents économiques et des représentants des principaux partis politiques du Brésil, c'est que les actuelles fondements économiques constitue une politique de l'Etat, et non pas celle d'un gouvernement ou d'un autre".
"La crise a montré une incompétence dans la gestion des rapports avec les partis de la part du gouvernement Lula, mais elle a eu pour effet de renforcer le ministre de l'Economie, Antonio Palocci". Pour le marché, le maintien de Palocci au gouvernement signifie qu'il n'y a pas de risque que la crise entraîne des changement de cap économique, même dans le cas où Lula ne se représentait pas au suffrage des électeurs en 2006. "Aujourd'hui, le populisme ne serait pas une alternative viable", selon Schmitt.
Toutefois, selon Almeida la crise politique aura un effet négatif sur les investissements productifs, brésiliens et étrangers, ce qui va faire planer une menace de difficultés économiques à plus long terme.
"Le Brésil a un besoin urgent d'investissements en infrastructures, mais celui qui en envisageait ne va pas les réaliser, parce que ce sont des projets qui ont besoin d'une visibilité à plus long terme". A la différence de Schmitt, Almeida pense que si la crise politique empire, pourrait surgir une candidature populiste, facteur de risque pour l'économie.
 Imprimer
Revenir à la revue de presse consacrée à l'actualité brésilienne en français.
|
|
 |