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Attention au Brésil, dit le patron de Nutrinor
Attention au Brésil, dit le patron de Nutrinor
14 Nov 2005
Source: Presse Canadienne


Le Brésil est appelé à devenir, d'ici 15 ans tout au plus, une puissance agricole redoutable à travers le monde, en particulier pour les pays nord-américains où les exportations des produits agroalimentaires occupent une place importante sur le plan économique.

Voilà l'un des éléments préoccupants qu'a retenu Yves Girard qui, directeur général de la Coopérative agroalimentaire Nutrinor du Saguenay-Lac-Saint-Jean, arrive tout juste d'une visite au Brésil où il faisait partie d'une mission commerciale pilotée par la Coopérative fédérée de Québec.Cette mission, qui a passé 10 jours dans ce pays d'Amérique du Sud, était composée de huit directeurs généraux de coopératives agricoles et de trois membres de la Fédérée.
Il faut comprendre que Nutrinor est la plus importante coopérative à être membre de la Coopérative fédérée, avec laquelle elle est d'ailleurs propriétaire d'Olymel, la plus grosse entreprise de transformation de porcs et de poulets au Canada.

Ses exportations représentent entre 40 et 50 pour cent de son chiffre d'affaires. L'intérêt de la mission québécoise pour le Brésil résidait dans le fait que ce pays, profitant de l'épidémie de grippe aviaire ayant touché l'Asie en 2003 et 2004, a dépassé les Etats-Unis en 2004 dans l'exportation de viandes de volaille, grâce à ses faibles coûts de production.

La rémunération d'un travailleur du secteur avicole ne dépasse guère les 600 $ US par mois, une réalité qui touche également des productions comme celles du soya, du boeuf et du porc.

Ainsi, les quatre grandes entreprises brésiliennes - trois d'entre elles étaient des coopératives - visitées par la mission et fortement impliquées dans la production intégrée du soya, du porc, de la volaille et du bovin veulent se développer particulièrement dans les domaines avicole et porcin. Leur objectif?

Exporter d'ici cinq ans jusqu'à 70 pour cent de leur production avicole. Concentrant actuellement sa production dans les états du Parana, de Santa Catarina et de Rio Grande Do Sul, le monde agricole veut remonter vers le nord, jusque dans l'état du Cerado - situé dans le centre-ouest du Brésil - pour y exploiter un potentiel de quelque 200 millions d'hectares, soit quatre fois les terres cultivables du Canada.

Bien que les conditions climatiques soient très favorables à la production agricole et leur permettent de faire deux récoltes par année, les Brésiliens sont confrontés à un endettement élevé de leur pays. Il suffit, selon Yves Girard, de visiter le Brésil pour se rendre compte, par exemple, de l'état archaïque des infrastructures du transport routier et de l'absence quasi totale du ferroviaire.

"Il n'y a même pas de cours d'eau, de sorte que les voies terrestres sont le seul moyen d'atteindre les ports pour l'exportation des produits", affirme le directeur général de Nutrinor.

Ce dernier croit que le fait que les Brésiliens soient confrontés à un problème de transport les handicape énormément dans leur projet de développer les exportations, et ce, en dépit de coûts de production très bas par rapport à ceux d'un pays comme le Canada.

Il y a aussi le fait que leur devise (Real), très faible par rapport au dollar US, augmente rapidement depuis un an.

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