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Le président brésilien fait du charme aux entreprises françaises
Le président brésilien fait du charme aux entreprises françaises
15 Juillet 2005
Source: La Tribune


Luiz Inacio Lula da Silva achève aujourd'hui une visite de trois jours en France. L'occasion de nouer des partenariats mettant l'accent sur les énergies alternatives.

En visite officielle en France depuis mercredi, le président Lula da Silva profite de son séjour pour renforcer les relations économiques franco-brésiliennes. Dès son arrivée, il a été l'hôte d'honneur d'un déjeuner organisé par le Medef et la chambre de commerce et d'industrie de Paris.

Il a alors invité les entreprises françaises à profiter de la croissance brésilienne - inscrite à 5,2 % en 2004 et attendue à 3,5 % cette année - et à "participer" à plusieurs projets d'infrastructures "tels que le chemin de fer Nord-Sud, la route reliant les Etats de Bahia et du Minas Gerais, la ceinture routière de l'Etat de Rio de Janeiro et la ceinture de chemin de fer de Sao Paulo".

Investissements en déclin. La présence des entreprises françaises au Brésil est significative, 400 d'entre elles y emploient 250.000 personnes. Mais leurs investissements ont décliné au cours des dernières années. Selon la mission économique de l'ambassade de France à Brasilia, les flux d'investissements directs français ont chuté à 401 millions d'euros en 2004, contre 680 millions l'année précédente et 1,6 milliard en 2000. De plus, leurs exportations, si elles ont rebondi de 21 % à 1.81 milliard d'euros l'an dernier, restent très inférieures aux performances enregistrées au tournant du siècle. En 2001, les ventes françaises s'étaient inscrites à 2,75 milliards.

S'il a invité les entreprises françaises à investir au Brésil, le président Lula s'est aussi montré offensif, plaidant pour l'ouverture du marché européen des biocarburants, en particulier de l'éthanol, dont le Brésil est le premier producteur mondial. "Il n'est pas logique que l'alcool continue d'être le seul bien énergétique encore protégé par des tarifs élevés et des quotas", a-t-il déclaré.

Le président brésilien a toutefois incité les entreprises hexagonales à aider le Brésil "à répondre aux incertitudes du marché de l'énergie et préparer des alternatives au pétrole". Ainsi Areva, le numéro un mondial du nucléaire civil, a-t-il profité de sa visite pour faire progresser les négociations relatives à la reprise de la construction de la centrale d'Angra 3 (Etat de Rio de Janeiro), interrompue en 1985.

Entre les équipements nécessaires à la construction de la centrale et les services liés à son fonctionnement, "il s'agit potentiellement d'un contrat de plusieurs centaines de millions d'euros", précise le siège du groupe français qui attend "une décision du gouvernement brésilien sur Angra 3 dans l'année à venir". Numéro trois de la transmission et de la diffusion d'électricité au Brésil, Areva compte aussi profiter des projets d'infrastructures de l'administration Lula.

Accords signés. De son côté, le groupe agro-industriel Dagris a scellé un accord avec le pétrolier Petrobras pour la construction et la mise en oeuvre d'une huilerie et d'une unité d'estérification "ayant vocation à capter 2 % du marché brésilien du gasoil d'ici à trois ans, puis 10 % en 2013", précise son PDG, Gilles Peltier. Cet établissement, qui nécessitera un investissement de 55 millions d'euros, devrait être opérationnel "au début 2007", "associant 30.000 familles de villageois à sa production".

Avant son départ, aujourd'hui, le président brésilien sera reçu par Jacques Chirac. Parmi les accords devant être signés à l'Elysée figurent la construction d'un pont entre la Guyane française et l'Etat amazonien d'Amapa, un accord de coopération dans la production cinématographique et dans l'environnement. Le Brésil devrait aussi confirmer l'achat de douze Mirage 2000 d'occasion, d'une valeur totale de 60 millions de dollars.

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