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Intelligence économique et Brésil
17 Août 2005
Source: Renseignement économique
La visibilité estivale du Brésil dans les médias est cinq fois moins importante que celle de son concurrent chinois. Mais la stratégie économique libérale commence à payer avec des exportations et des investissements étrangers en hausse. Attention, si le pays demeure leader mondial sur un certain nombre de matières premières agricoles, il décolle aussi dans les nouvelles technologies.
Panel des médias
Depuis le 15 juin dernier, une analyse quantitative, réalisée avec les logiciels de datops, donne une visibilité du Brésil dans la presse qui correspond à 6817 articles publiés en ligne à partir de plus de 2500 sources médias dans le monde. Ce chiffre est à comparer au 28546 articles citant la Chine dans le même périmètre de recherche, soit une visibilité plus de cinq fois supérieure à celle de son concurrent sud-américain. Comme on le vérifie sur le tableau ci-contre, les agences de presse sont deux fois plus actives que les presses nationales. C'est pour le Brésil une moyenne de plus de 140 articles par jour avec toutefois un pic situé entre le 25 et le 30 juillet. Ce pic est animé par le bénéfice semestriel de Arcelor qui avoisine les deux milliards d'euros, grâce à la contribution de ses trois principales filiales brésiliennes. De plus, le numéro 2 de l'acier annonce un investissement de milliards sur cinq ans au Brésil. Les principaux titres des six mille articles développent les sujets suivants, dans un ordre décroissant : les télécoms, le pétrole, le président Lula, la ville de Mexico, la Chine et le sida (Sommet international). On pourra retenir, parmi ces thèmes, que la bataille continue entre les actionnaires brésiliens de Brasil Telecom, Citigroup et un fonds de pension pour la nomination d'un nouveau PDG de ce troisième opérateur de télécommunications locales. L'un des actionnaires, Portugal Telecom, annonce, quant à lui, la création de sa filiale chinoise avec un premier investissement de 15 millions d'euros en Asie.
Origine géographique des articles
Naturellement après les Etats-Unis, les médias brésiliens, français, anglais et portugais ont été à peu près également actifs dans cette période estivale selon le graphe ci-contre. Ces résultats sont encourageants pour le Brésil qui affiche une croissance de 5.2% en 2004. Mais l'infotechnologie connaît plus de 10% de croissance annuelle depuis 2000. Après les avions Embraer, l'automobile et les télécoms, une sillicon valley apparaît à Récife, dans l'Etat du Pernambouc situé au nord-est du pays. Pour une fois, l'Etat de Sao Paulo, qui participe pour plus de 70% du PIB national, n'y est pour rien. En effet, 85 start-up spécialisées dans les NTIC -particulièrement les jeux électroniques- emploient aujourd'hui 2000 personnes pour un chiffre d'affaires cumulé en 2004 de 0 millions qui permettent au Brésil d'exporter 0 millions de biens et services de haute technologie. Pour ce faire, pas de secret, le gouverneur local a libéré plus de millions avec des incitations fiscales et des prêts intéressants. Autre résultat collatéral, l'université fédérale du Pernambouc deviendrait le premier département informatique de toute l'Amérique latine, notamment pour les langages Java, les logiciels libres et la sécurité électronique.
Quelques chiffres 2004 pour mémoire, la croissance du Brésil à permis de créer 2.3 millions d'emplois avec un taux de chômage descendu à 10.6%. L'inflation affiche 7.6% contre 12.5% en 2002 avec surtout une hausse de l'investissement à 20% du PIB. Le président Lula conduit, comme Tony Blair, une stratégie libérale axée sur :
l'accueil de milliards d'investissements étrangers ;
le déploiement des multinationales brésiliennes en Chine et dans les pays développés ;
1.4% des montants investis de la recherche mondiale et de l'innovation ;
le maintien de la première place mondiale pour les productions de café, de sucre, de jus d'orange et de volailles et le second rang pour le cacao et le soja. Ce secteur agroalimentaire représente 30% du PIB et 45% des exportations.
Il reste à ce pays, dont la France salue la pluralité des cultures en 2005, d'adopter les comportements d'intelligence économique comme ses modèles anglo-saxons. L'analyse partagée des opportunités et des risques accélère automatiquement le décollage d'un secteur permettant au Brésil de se rapprocher des leaders économiques comme l'Inde et la Chine. Un autre exemple de sujet à suivre pour les brésiliens : la grippe aviaire.
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