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La tradition brasilianiste est bien vivante
La tradition brasilianiste est bien vivante
23 Nov 2005
Source: Le Figaro


Directeur de l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL) de 1998 à 2004, Jean-Michel Blanquer est l'actuel recteur de l'académie de Guyane (65 000 élèves, dont 6 000 «lusoapprenants»). Auteur des Défis de l'enseignement supérieur en Amérique latine (2000) et d'Amérique latine 2004, Jean-Michel Blanquer a été nommé pour notamment «favoriser l'ouverture et l'articulation des échanges entre la Guyane, donc la France, et l'Amérique latine».

Le Figaro. - En Guyane ressent-on plus l'attractivité qu'exercent le Brésil et la culture lusophone auprès des Français ?
Jean-Michel BLANQUER. - La Guyane, interface entre le Brésil et la France, entre l'Amérique du Sud et l'Europe, connaît un engouement croissant pour la langue portugaise. Notamment à ses frontières orientales, où presque tous les enfants parlent portugais, notamment dans les cours de récréation. Nous comptons presque autant d'élèves qui apprennent le portugais que l'espagnol ou l'anglais. Par ailleurs, un quart des nouveaux arrivants en Guyane est brésilien. Se tourner vers le Brésil et sa langue est donc une tendance naturelle de notre académie.

Tendance que renforcent les liens d'amitié entre la France et le Brésil...
Le Brésil est un pays très important dans le monde actuel et l'un des principaux partenaires de la France en matière d'enseignement supérieur et de recherche. Cette coopération unique en son genre tient au système éducatif brésilien, qui n'est pas si différent de notre système bonapartiste des écoles et de notre service public de l'enseignement supérieur. Ces convergences remontent au XIXe siècle, à la philosophie d'Auguste Comte. Les liens entre les deux pays n'ont cessé de s'affirmer avec l'étape importante des années 30 où toute une génération scientifique française, avec des personnalités comme Claude Lévi-Strauss, a contribué à la naissance de l'université de Sao Paulo. Cette relation exceptionnelle est portée par des figures brésiliennes très attachées à la France.

Comment se traduit-elle concrètement ?
Elle existe aussi bien à l'école qu'à l'université. Le nouveau «pôle universitaire guyanais» de l'UAG se construit notamment avec l'université de Brasilia. Nous souhaitons par ailleurs développer des programmes permettant à un étudiant brésilien de passer un an en Guyane puis un an en métropole et inversement, et créer des collèges franco-brésiliens. Les relations sont continues avec les établissements de certains États fédérés voisins, notamment à Bélem dans le Para et à Macapa dans l'Amapa. La France est un pays de forte tradition brasilianiste et cette tradition est bien vivante. Le Brésil tiendra une place capitale dans le futur Institut des Amériques que j'appelle de mes voeux.


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