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Mandelson accuse le Brésil et les Etats-Unis
Mandelson accuse le Brésil et les Etats-Unis
Nov 12, 2005
Source: La Nouvelle République (Algérie)


La révision à la baisse des ambitions de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce, du 13 au 18 décembre, était acquise depuis cette semaine. Une réunion lundi à Londres de cinq grands acteurs de l’OMC (Brésil, Etats-Unis, Inde, Japon et Union européenne) suivie d’une autre réunion mardi et mercredi à Genève avec une vingtaine de ministres du Commerce, n’ont pas permis de rapprocher les points de vue.

Jeudi, le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy a convenu qu’un accord était peu envisageable : «Si nous tentions ce saut et que nous le rations, nous risquerions de perdre ce que nous avons déjà obtenu», avait-il dit. M. Lamy a cependant indiqué qu’il y aurait de réelles «négociations» à Hong Kong, pour tenter de capitaliser des éléments de convergence, «loin d’être négligeables».

Peter Mandelson, le successeur de M. Lamy au poste de commissaire au Commerce à Bruxelles, a été plus net hier sur la radio BBC 4 : «Vous n’aurez pas d’accord à Hong Kong en décembre, non…», a-t-il déclaré.
Mais un peu plus tard, son porte-parole à Bruxelles Peter Power a adouci ces propos en disant : «Nous n’atteindrons pas le degré de progrès que nous espérions, mais nous allons continuer à travailler d’arrache-pied pour réaliser des progrès substantiels et nous aurons des progrès».

M. Power a estimé que l’entretien de M. Mandelson avec la BBC avait été «irritant» et que le commissaire avait été «constamment interrompu». Selon lui, M. Mandelson avait seulement souhaité dire qu’il n’y aurait pas d’«accord complet sur toutes les modalités» de la négociation à l’OMC. Le commissaire avait été en effet assez été particulièrement direct lors de cette interview. «L’Union européenne a fait des offres très sérieuses, très crédibles sur l’agriculture pour réduire nos subventions de manière très importante (…) Le problème est que quoi que nous proposions, ce n’est pas assez pour les producteurs agricoles et exportateurs très compétitifs et performants comme le Brésil, l’Australie, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis», a-t-il poursuivi.

«Ils en demandent toujours plus, pour maximiser ce qu’ils peuvent obtenir des discussions sur l’agriculture. Selon moi, cela ne coïncide pas avec les intérêts de l’immense majorité des pays en développement», a ajouté M. Mandelson.
Il a bien assuré que «les deux tiers du commerce des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, qui dépend de leur accès préférentiel aux marchés européens, disparaîtraient purement et simplement si les propositions américaines et brésiliennes étaient acceptées par l’Europe».

M. Mandelson n’a pas exclu un accord avant la fin de l’année prochaine, mais en y mettant de sérieuses réserves, en particulier la nécessité de négociations incluant les droits de douanes sur les produits industriels et des services.
Ce serait selon lui «davantage dans l’intérêt des pays en voie de développement que de garder le cycle otage des gros producteurs agricoles et de pousser toute la négociation vers l’agriculture, ce qui est arrivé cette année».

Jeudi, le groupe de Cairns, dont font partie l’Australie, le Brésil et la Nouvelle-Zélande, avait jugé les négociations «prisonnières du manque de volonté politique au sein de l’UE d’être à la hauteur quant à l’amélioration de l’accès au marché des produits agricoles de Doha».
M. Lamy espérait conclure à Hong Kong les deux tiers du cycle de négociations ouvert en 2001 à Doha, la capitale du Qatar. Ce cycle aurait déjà dû être bouclé à la fin de 2004, mais les divisions Nord-Sud sur l’agriculture ont repoussé
l’issue des négociations à la fin de 2006 au plus tôt.


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