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Les Français préfèrent investir au Brésil qu'y exporter
24 Mai 2006
Source: Lesechos.fr
Si rapide soit la visite d'Etat qu'effectue Jacques Chirac au Brésil, les aspects économiques n'ont pas été oubliés, bien au contraire. Le président de la République est en effet accompagné d'une vingtaine de représentants d'entreprises parmi lesquelles Accor, Alstom, Areva, BNP Paribas, LVMH, Sanofi, Thales ou Turbomeca. Preuve que ce pays où, selon l'OCDE, « une large reprise économique est en train de s'opérer » a toujours suscité l'intérêt des industriels français. Les projets d'affaires ne manquent pas, il est vrai, pour eux qui sont déjà largement présents dans le pays avec quelque 400 groupes employant près de 250.000 personnes.
Dassault et le brésilien Embraer devraient annoncer, en marge de la visite du chef de l'Etat français, un accord sur l'implantation d'une unité de fabrication de fuselages d'hélicoptères. De son côté, le groupe Armaris espère pousser la vente de sous-marins Scorpène, tandis qu'Areva est particulièrement intéressé par l'intention prêtée aux Brésiliens d'achever la construction de la troisième centrale nucléaire du pays _ Angra 3. Il y a quelques années, la construction de cette centrale avait été interrompue faute de ressources financières. La décision de la Bolivie, qui fournit la moitié du gaz consommé au Brésil, de nationaliser ses hydrocarbures a depuis relancé les rumeurs sur une éventuelle reprise de ce programme. Si le gouvernement brésilien donne le feu vert à la construction du réacteur Angra 3, « nous croyons que la France serait l'un des principaux partenaires du projet », estime-t-on à Paris. Et de rappeler que le groupe français a racheté les activités nucléaires de l'allemand Siemens qui n'est autre que le constructeur des deux premiers réacteurs brésiliens et le concepteur d'Angra 3. Sur le plan commercial, là encore, le tableau que l'on peut dresser est encourageant même si les performances françaises sont à relativiser. En 2005, en effet, les exportations de Paris vers Brasilia ont progressé de près de 23 %, pour atteindre 2,2 milliards d'euros.
Aéronautique et spatial
Mais ces résultats tiennent avant tout aux résultats exceptionnels du secteur aéronautique et spatial dont les ventes ont progressé de 187 % l'an passé. Sans cela, les exportations françaises affichent une hausse limitée à 6 %, grâce principalement à l'automobile, la pharmacie, la chimie et le matériel image-son. Et avec une part de marché de 3 %, l'Hexagone reste à la traîne des Etats-Unis ou de l'Allemagne. Dans le même temps, le Brésil a vu ses ventes progresser de 11 % (à 2,7 milliards d'euros). L'essentiel des achats de la France est constitué de soja (un quart du total), de minerai de fer et de pâte à papier.
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