Développer vos exportations au Brésil, aborder le marché brésilien
Michel Campillo, agent commercial
Acheter et exporter au Brésil



Agent commercial
Votre contact local
Les facteurs-clés
Exporter vos produits
Gérer les risques
Maîtriser les coûts
Etude de marché
Cahier des charges
Suivi clientèle
Investir au Brésil
Acheter des produits
Revue de presse
Import-export
Les INCOTERMS
Nomenclature NCM
Valid XHTML 1.0!

L'économie brésilienne bridée par la rigueur
L'économie brésilienne bridée par la rigueur
6 Octobre 2005
Source: Le Figaro


Avec une croissance de 3,3% en 2005, le Brésil est loin derrière l'Argentine, la Chine, l'Inde et la Russie.

Les langues se délient. Depuis l'éclatement de la crise politique sur fond d'accusation de corruption il y a quatre mois, les conseillers les plus proches du président Luiz Inacio da Silva avouent leur mal-être vis-à-vis de la politique économique. Celle-ci a certes garanti au Brésil le titre de meilleur élève des marchés financiers, mais elle a irrité à la fois la base populaire du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir et les industriels.

Etouffé durant près de trois ans au sein du PT, la formation du président Lula, le débat est de nouveau relancé : est-il nécessaire de maintenir les taux d'intérêt à 19,50% - les plus élevés au monde - sous prétexte d'éviter au Brésil le retour d'une inflation galopante ? Un excédent budgétaire primaire toujours plus élevé, et partant des restrictions budgétaires croissantes, est-ce la seule solution pour assurer le remboursement de la dette publique ? En août, la Banque centrale affichait un excédent de 96,43 milliards de dollars, soit 5,1% du produit intérieur brut (PIB), très supérieur à l'objectif du gouvernement (4,25%).

«Je suis favorable à cette politique économique qui garantit la stabilité», explique José Dirceu, ex-bras droit de Lula, contraint à la démission en juin dernier par la crise politique, «mais le gouvernement a été trop loin en tournant le dos à la politique de développement». De fait, ce qui devait au départ n'être qu'une «transition» pour rassurer les investisseurs effrayés par l'arrivée au pouvoir d'un ex-ouvrier métallurgiste est devenu la politique officielle. L'inflation est maîtrisée, la croissance a atteint 5% en 2004 et la balance commerciale bat tous les records avec un excédent de 32 milliards de dollars depuis le début de l'année. Alors, pourquoi changer de cap ?

Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas tant sur le champ social que Lula est attaqué, même si l'ONU vient à nouveau d'octroyer au Brésil la palme du pays le plus inégalitaire au monde. La situation n'est pas rose et le mouvement des sans-terre souligne que la réforme agraire du gouvernement est au point mort, mais à l'inverse l'agriculture familiale jouit d'une augmentation des crédits, qui permet depuis trois ans au Nordeste d'éviter les traditionnels phénomènes de détresse alimentaire. Les allocations «bolsa familia» (bourse famille) et «bolsa escola» (bourse école), destinées aux familles les plus défavorisées connaissent un succès croissant.

Non, les critiques les plus féroces viennent des entreprises. Avec une prévision de croissance de 3,3% en 2005, le Brésil est loin derrière ses pairs émergents : l'Argentine enregistrera au moins 7,5%, la Chine 9%, l'Inde 7%, la Russie 5%. Le patronat proteste contre les taux d'intérêts «prohibitifs» qui paralysent l'investissement et la consommation. La situation est d'autant plus absurde que l'Etat est en grande partie responsable de la hausse des prix que ces taux d'intérêts sont censés combattre. En 2003 puis en 2004, près de la moitié de l'inflation provenait des hausses de tarifs publics ou de produits dont le prix est administré.

Surtout, l'Etat, rigueur budgétaire oblige, a mis en veille les projets d'infrastructures, alors même que la pauvreté du pays en routes, ponts et chemins de fer alourdit considérablement le coût des produits exportés. Lula l'a lui-même reconnu en recevant il y a quelques mois des députés européens : il a l'impression de «conduire une Ferrari avec le frein à main tiré». Alors que la crise économique bat son plein, la fin de cette «transition» économique qui ne satisfait aucun acteur économique hormis le milieu financier, et condamne le pays à la croissance molle, semble de plus en plus difficile à concrétiser.


Imprimir
Imprimer

Revenir à la revue de presse consacrée à l'actualité brésilienne en français.
eXTReMe Tracker