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Libéralisation: le Brésil en profiterait
29 Nov 2005
Source: AgriHebdo (Suisse)
Etant donné ses immenses ressources agricoles, le Brésil a beaucoup à gagner d'un système d'échanges internationaux plus ouvert. Néanmoins, seules des mesures bien ciblées pourront réduire les inégalités caractérisant les zones rurales, en encourageant les milliers de petites exploitations familiales à améliorer leur compétitivité.
Dans un premier «Examen des politiques agricoles» qu'elle consacre au Brésil, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) indique que les agriculteurs brésiliens profiteraient de la hausse des prix internationaux résultant d'une réduction éventuelle, de la part des Etats-Unis, de l'Union européenne et d'autres pays de l'OCDE, de leurs droits de douane sur les importations agricoles et de leurs subventions à l'exportation.
Selon le rapport de l'OCDE, une réduction globale de 50% des droits de douane et des subventions à l'exportation, associée à une diminution du soutien interne accordé au secteur agricole dans les pays de l'OCDE, se traduirait pour l'économie brésilienne par un gain - sous la forme d'une augmentation des revenus des consommateurs et des producteurs - de 1,7 milliard de dollars US, soit environ 0,3% du PIB.
Si les réformes que le Brésil a engagées ces 15 dernières années ont globalement contribué à réduire la pauvreté, il n'en demeure pas moins que plus de 60% de la population rurale a un revenu inférieur au seuil de pauvreté absolue représenté par la moitié du salaire minimum. Pour que les petits exploitants voient leurs revenus augmenter et puissent bénéficier de la croissance escomptée de la part du Brésil dans les échanges agricoles mondiaux, il faut mettre en oeuvre toute une série de mesures comme des programmes visant à améliorer les capacités et techniques agricoles.
Pour les agriculteurs moins compétitifs pratiquant une agriculture de «semi-subsistance», il est indispensable d'instaurer des mesures encourageant la diversification ainsi que des filets de sécurité sociaux efficaces.
Quelques chiffres: le soutien public accordé aux agriculteurs par le Brésil représente 3% des recettes agricoles contre 2% en Nouvelle-Zélande, 4% en Australie, 17% aux Etats-Unis, 34% dans l'Union européenne (moyenne des pays de l'OCDE: 30%). L'UE absorbe 41% des exportations agroalimentaires du Brésil. Les trois quarts des recettes à l'exportation du Brésil proviennent des produits dérivés du soja, du sucre, de la viande, du café et du tabac. En 2004, les exportations du Brésil ont absorbé 31% de la production agricole, contre 74% en Australie ou 22% aux Etats-Unis par exemple.
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