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Trêve du coton entre Washington et Brasilia
Trêve du coton entre Washington et Brasilia
16 Juillet 2005
Source: Le Figaro


«Nous pensons qu'il faut d'abord vérifier si les récentes mesures adoptées par les Etats-Unis pour mettre en conformité leur programme de subventions correspondent aux exigences de l'OMC», a indiqué hier un diplomate brésilien.

Washington a en effet annoncé, le jour même du dépôt de la demande de rétorsion, le lancement d'une réforme de son programme de subventions au coton. Mais si, hier, les protagonistes ont accepté de déposer les armes, le Brésil a maintenu la pression en faisant connaître publiquement le montant estimé des subventions américaines aux exportations de coton. Selon Brasilia, Washington y consacre chaque année trois milliards de dollars. Un montant que le Brésil pourrait imposer comme droit de douane sur les importations américaines, si à terme les réformes des Etats-Unis étaient jugées insuffisantes par l'OMC.

C'est en 2003 que le Brésil a lancé l'offensive contre la production cotonnière américaine. Visant à la fois les crédits accordés aux agriculteurs et les soutiens à l'exportation, la démarche a été soutenue par les pays exportateurs d'Afrique de l'Ouest. Un an plus tard, les Etats-Unis ont perdu une première bataille devant l'Organe de règlement des différends (ORD), le tribunal de l'OMC. Un ultime verdict tombé en mars dernier a condamné Washington à mettre un terme aux subsides à l'exportation jusqu'au 1er juillet, et à modifier son système de crédits à la production d'ici à septembre.

En lançant le processus de réforme devant le Congrès, le ministre américain de l'agriculture, Mike Johanns, affirmait que «cette étape est indispensable pour que les Etats-Unis puissent continuer à être un leader dans les négociations du cycle de Doha». Pour nombre d'observateurs de l'OMC, le «tribunal» de l'organisation est devenu indissociable des négociations. «Le coton est un cas typique, affirme un expert. Ce que les Brésiliens et les Africains n'ont pas obtenu par la diplomatie, ils l'ont obtenu par un jugement.»

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